Double projet, double parcours : concilier rugby et métier, du centre de formation à la Fédérale

Il y a deux façons de vivre le rugby sans en vivre complètement. La première, c’est celle des espoirs : quelques centaines de jeunes joueurs en centre de formation, à qui tout le monde — le club, la famille, la LNR — répète qu’il faut un « double projet », parce que même les plus doués ne signeront pas tous un contrat professionnel. La seconde, c’est celle de la Fédérale et de la Nationale : des milliers de joueurs qui s’entraînent trois soirs par semaine, jouent le week-end, touchent parfois une indemnité… et savent parfaitement que le rugby ne paiera ni la maison ni la retraite.

Deux réalités, une même question : comment construire un vrai métier quand c’est le terrain qui dicte l’emploi du temps ? Notre réponse tient en trois mots : apprentissage, distance, individualisation.

En centre de formation, le double projet n’est pas une option

Dans le rugby professionnel, le double projet est bien plus qu’un contrat moral entre le club et le joueur : les centres de formation des clubs de Top 14 et de Pro D2 sont des structures agréées, dont le cahier des charges — approuvé par la FFR et la LNR — impose un double objectif, la formation sportive d’une part, une qualification scolaire, universitaire ou professionnelle d’autre part. Et les chiffres publiés par la LNR disent l’enjeu mieux qu’un long discours : sur la saison 2024-2025, les trente clubs professionnels ont formé 825 jeunes joueurs ; 96 ont signé leur premier contrat professionnel. Sur le papier, tout le monde est d’accord. Dans la vraie vie, les emplois du temps se percutent : entraînements biquotidiens, musculation, vidéo, matchs, déplacements. Difficile de tenir des cours en amphi le mardi à 8 h.

C’est exactement pour cela que l’apprentissage 100 % à distance a du sens : le joueur signe un contrat d’apprentissage, il est salarié, il prépare un titre professionnel reconnu (RNCP), et la formation s’organise autour du planning sportif — jamais l’inverse.

Un argument que peu de familles et de staffs connaissent : si l’apprentissage s’adresse en principe aux jeunes de 16 à 29 ans révolus (avec des dérogations jusqu’à 35 ans), il est sans limite d’âge pour les sportifs de haut niveau, comme pour les personnes en situation de handicap. Autrement dit, un joueur inscrit sur les listes de haut niveau peut entrer en apprentissage à n’importe quel moment de sa carrière, y compris après 30 ans, pour préparer la suite.

Fédérale, Nationale : le double parcours, la réalité de la majorité

Pour un contrat professionnel signé, combien de joueurs de Fédérale 1, 2, 3 et de Nationale ? Des milliers. Eux ne parlent pas de « double projet » : ils vivent un double parcours. Vivre un peu du rugby — indemnités, primes, parfois un emploi au club — et construire un métier en parallèle, parce que la carrière s’arrête tôt et que le corps ne négocie pas.

Pour eux, l’apprentissage est sans doute l’outil le plus puissant qui existe : un employeur (le club lui-même, une entreprise partenaire ou n’importe quelle entreprise du territoire), un salaire chaque mois, un titre professionnel reconnu au bout, et une formation qui se cale sur les entraînements du soir et les matchs du week-end. Le double parcours cesse d’être un bricolage : il devient un statut. Et les lignes bougent jusqu’en championnat fédéral : à Nîmes, le Rugby Club Nîmois a monté son propre campus de formation, où l’on prépare un BPJEPS ou un titre professionnel en apprentissage — quand les clubs eux-mêmes s’y mettent, c’est que le double parcours est devenu une évidence.

La semaine type d’un joueur-apprenti We-Form

Le 100 % à distance, chez nous, ne veut pas dire moins de suivi. Il veut dire plus de suivi : chaque semaine, sans exception, un temps d’individualisation avec le formateur — pas un mail automatique, un vrai rendez-vous. Autour de ce pivot, la multimodalité fait le reste : temps collectifs en classe virtuelle, e-learning, cas pratiques, coaching, suivis réguliers. Et plusieurs fois dans l’année, un séminaire en présentiel réunit la promotion — parce qu’un rugbyman a besoin d’un vestiaire, même en formation.

Concrètement, à quoi ressemble la semaine d’un joueur-apprenti ?

  • Lundi — musculation et entraînement le matin ; deux heures d’e-learning l’après-midi, sur les modules du titre.
  • Mardi — entraînement ; en fin de journée, un cas pratique appliqué au club : préparer le budget du tournoi des écoles de rugby, le plan de communication du loto, le dossier de partenariat…
  • Mercredi — journée chez l’employeur, en immersion métier.
  • Jeudi — entraînement ; le rendez-vous d’individualisation hebdomadaire : on reprend ce qui bloque, on ajuste le planning de la semaine suivante en fonction des matchs et des déplacements.
  • Vendredi — veille de match : séquence légère, révisions.
  • Week-end — match, déplacement, récupération. La formation n’exige rien.

Le parcours représente 405 heures de formation, positionnées à votre rythme : une blessure, une phase finale, un long déplacement ? Le planning se reconstruit, il ne se subit pas. C’est toute la différence entre un catalogue et un partenaire.

Quel titre pour quel projet ? Les cinq filières

Cinq filières, chacune adossée à un titre professionnel reconnu et enregistré au RNCP — des certifications officielles, pas des attestations maison :

  • Transmettre — TP Formateur professionnel d’adultes (RNCP37275, niveau 5). Pour l’entraîneur ou le joueur qui transmet déjà sur le terrain et veut en faire un titre et un revenu. Vous avez un brevet fédéral, ou un diplôme d’État comme le BPJEPS ou le DEJEPS ? Ce titre en est le complément naturel, pas le concurrent.
  • Diriger — TP Responsable de petite et moyenne structure (RNCP38575, niveau 5) et TP Responsable d’établissement marchand (RNCP38666, niveau 6). Pour ceux qui se voient diriger une structure, un club, un équipement.
  • Gérer les personnes — TP Assistant ressources humaines (RNCP41366, niveau 5) et TP Chargé d’accueil et de gestion administrative (RNCP41239, niveau 4). Le back-office qui fait tourner les organisations.
  • Développer — TP Conseiller commercial (RNCP37717, niveau 4) et TP Négociateur technico-commercial (RNCP39063, niveau 5). Le tempérament de compétiteur se recycle très bien dans la vente.
  • Communiquer — TP Graphiste (RNCP39532, niveau 5). Pour ceux qui font déjà les affiches et les réseaux du club.

Terrain, direction, ressources humaines, commerce-communication : c’est ce que nous appelons la quadruple compétence — le profil dont les clubs et les entreprises du sport ont réellement besoin.

Le club employeur : un rôle central, des règles simples

L’apprenti est un salarié. Son employeur peut être le club (association ou société), une entreprise partenaire ou toute entreprise du territoire — et pour beaucoup de clubs, c’est l’occasion de structurer enfin une fonction qui reposait sur des bénévoles épuisés : communication, développement, administration.

Trois règles à connaître :

  • Le maître d’apprentissage : un volontaire majeur, avec un an de pratique du métier s’il est titulaire d’un diplôme du domaine, deux ans sinon — et deux apprentis au maximum par maître.
  • Le calendrier : le décalage entre l’entrée en formation et le début du contrat est encadré à trois mois maximum. De quoi démarrer la formation sans attendre que toutes les signatures soient posées.
  • L’accompagnement : We-Form monte le dossier avec le joueur, le club et l’employeur, de la fiche de poste au CERFA.

Le financement, sans jargon

Côté joueur, le salaire d’apprenti en première année suit une grille assise sur le SMIC (1 867,02 € brut par mois depuis le 1er juin 2026) : 27 % à 16-17 ans (504,09 €), 43 % de 18 à 20 ans (802,82 €), 53 % de 21 à 25 ans (989,52 €), 100 % à partir de 26 ans. Dès 21 ans, c’est le minimum conventionnel qui s’applique s’il est plus favorable. Et pour les contrats conclus depuis mars 2025, la rémunération est exonérée de cotisations salariales jusqu’à 50 % du SMIC : le net est très proche du brut. Le détail complet est ici : la rémunération en apprentissage.

Côté employeur, deux leviers :

  • L’aide à l’embauche (contrats conclus depuis le 8 mars 2026, employeurs de moins de 250 salariés) : 5 000 € pour un titre de niveau bac au plus, jusqu’à 4 500 € pour un titre de niveau 5, jusqu’à 2 000 € pour les niveaux 6 et 7 — et jusqu’à 6 000 € si l’apprenti est reconnu travailleur handicapé. Elle est versée la première année du contrat.
  • Le coût pédagogique : il est pris en charge par l’OPCO — l’AFDAS pour les structures de la branche du sport — au niveau du NPEC de la certification. Pour un titre de niveau 6, une participation de l’employeur est obligatoire depuis juillet 2025 : nous faisons le calcul exact avec vous, poste par poste, avant toute signature.

Attention à un raccourci qu’on lit partout : l’apprentissage n’est pas « gratuit » pour le club — le salaire reste à sa charge, les aides viennent l’alléger. Notre rôle est de poser les vrais chiffres sur la table.

Et pour les joueurs professionnels qui préparent l’après-carrière : Provale, l’union nationale des joueurs et des joueuses de rugby évoluant en France, dispose depuis 2015 de son organisme de formation interne, Provale Formation, et la Commission d’Aide à la Reconversion de la LNR constitue un levier de financement. Se former pendant sa carrière n’a d’ailleurs rien de théorique : Provale met par exemple en avant l’accompagnement de joueurs en activité comme François Cros et Jérémy Valencot vers un Bachelor « Spécialisation vins » de Kedge — préparer la suite ne veut pas dire attendre le dernier match. We-Form travaille en complément de ces dispositifs, jamais à leur place : votre conseiller Provale reste un excellent premier appel, et notre porte est ouverte pour construire la suite.

On commence quand on veut

Pas de rentrée de septembre à attendre : chez We-Form, les entrées sont permanentes, toute l’année. Une intersaison, une trêve, une blessure de longue durée, un changement de club en cours de saison — chaque moment peut devenir le bon moment pour démarrer.

Vous préparez l’après-carrière ? Tout part de notre accompagnement dédié aux gens du rugby : We-Rugby. Vous êtes en centre de formation, en Fédérale ou en Nationale — ou parent, agent, éducateur d’un joueur qui doit penser à la suite ? Le point d’entrée est ici : nos formations en apprentissage. Et pour poser les bases de votre semaine type, vérifier l’éligibilité et parler financement, un appel suffit : 04 82 83 93 35.

We-Form, le CFA 100 % rugby à couverture nationale.
La formation au cœur de votre double projet.